Ecologie automobile: La pédagogie punitive

A n’en pas douter nos concitoyens de Normandie et plus particulièrement de l’Eure vont souffrir des nouvelles mesures décidées par le gouverment. N’oublions pas que beaucoup d’Eurois sont contraint de se servir de leur automobile tant l’offre de transport en commun est pauvre dans le département.
Pourtant, c’est à la lecture de projet de la loi de finance 2018 que nous avons pu découvrir une hausse de 10% du diesel. Le diesel étant le premier carburant des Français puisque jusqu’en 2012 l’état en faisait la promotion par des mesures incitatives.
En effet, Christophe Castaner, porte parole du gouvernement, a confirmé une hausse d’environ 7,6 centimes par litre de diesel.
Cette mesure aurait pour but de favoriser l’achat de véhicules aux motorisations essence moins polluants puisque ne dégageant pas de particules fines (NOx) mais aussi les véhicules hybrides ou électriques.

En parallèle, les barèmes des bonus/malus automobiles sont tombés et ils sont loin de faire l’unanimité.
Et pour cause:
Malgré les scandales touchant le diesel, oxydes d’azote et particules fines ne sont toujours pas pris en compte. De fait, les véhicules diesel se retrouvent moins taxés à l’achat que les essence.
– Pour le bonus, l’aide de 6.000€ accordée pour l’achat d’un véhicule électrique neuf est maintenue « malgré l’augmentation de la dépense que cela représente, le nombre de véhicules achetés augmentant régulièrement », dixit le ministère de la Transition écologique et solidaire. Les hybrides rechargeables perdent leur bonus de 1.000€.
– Pour le malus, le seuil d’émissions de CO2 à partir duquel un véhicule est taxé passe de 127g/km à 120g/km avec le même montant plancher de 50€. Le barème évolue toujours gramme par gramme, ce qui signifie que les tranches actuellement concernées voient le montant de leur taxe augmenter considérablement.
Par exemple, pour 129g/km, le malus passe de 60€ à 253€, soit 322% d’augmentation ! La somme dépasse les 1.000€ dès 140g/km avec 1.050€, contre 473€ actuellement. Le montant maximum passe de 10.000€ à 10.500€ et s’applique à partir de 185g/km contre 191g/km en 2017. Le gouvernement justifie aussi cette hausse par la baisse moins rapide des émissions moyennes de CO2 des véhicules neufs vendus en France depuis 2015, voire une légère hausse en 2017, avec une stagnation autour de 110g/km. L’objectif européen est d’atteindre 95g/km en 2020.
Il existe plusieurs inconvénients à ces mesures punitives à commencer par leur incohérence.

– Il aurait été plus logique (pour ne pas dire plus intelligent) de baisser le prix de l’essence afin de le ramener sous la barre de celui du diesel incitant de facto à privilégier un carburant plutôt qu’un autre.
– Ensuite les incohérences entre la volonté d’exclure le diesel tout en omettant de l’inclure dans le barème du bonus/malus est incompréhensible et illisible aux yeux des Français.
– De plus, ces mesures auraient pu être partiellement comprises si il y avait eu une démarche globale autour de la mobilité. Il aurait ainsi été judicieux d’abaisser le coût des transport en commun. A l’inverse nous ne constatons que des augmentations. Au même titre, il aurait fallu multiplier les offres permettant à nos compatriotes de se déplacer plus aisément.
– N’oublions pas aussi que l’électrique n’est pas sans conséquence écologique. En effet, ce n’est que par le biais de nos centrales nucléaires que cette énergie est produite. Et quid du recyclage des batteries en fin de vie composées principalement de terres rares.
– Enfin, il est permis de constater que ce sont encore une fois les classes moyennes et les foyers les moins aisés qui seront là pour mettre la main dans une poche qui s’en retrouve de plus en plus vide.

Au final voilà encore une belle preuve d’amateurisme qui conduit inévitablement à un appauvrissement supplémentaire des classes moyennes sous couvert de mesures boboïsantes qui feront sans doute plaisir à nos écolos du dimanche plus aisés.

 

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